Tibet et Mongolie intérieure. Mobilier ethnique et particularismes régionnaux

Bannière Tibet et Mongolie intérieure

Des meubles artisanaux, rustiques, colorés, toujours utilitaires.

Tibétains et Mongols bien qu’étant des peuples différents partagent de nombreuses similitudes, qui résultent pour le moins, d’une adaptation au climat et à l’isolement.

Nomades ou sédentaires, ces populations de cultivateurs ou d’éleveurs, vivaient il y a peu, en autarcie. Recluses durant les longs hivers, elles se consacraient à la fabrication des meubles domestiques, la confection des vêtements, ou la réalisation de petit artisanat.

Un outillage sommaire, l’utilisation de bois de récupération, des influences iconographiques proches, sont autant de points communs qui apparentaient leur mobilier traditionnel.

Autels domestiques, garde-manger, coffres, châlits, sont quelquefois sculptés, décorés à foison de motifs floraux, bouddhistes ou géométriques, lumineux, colorés, patinés par le temps et l’usage.

Rares, naïfs, émouvants, ils continuent de nos jours, dans les endroits reculés, à être transportés à dos de mule ou de yak.

Quelques exemples de meubles tibétains

Bibliothèque tibétaine
Cabinet tibétain
Meuble tibétain
Table tibétaine

Quelques exemples de meubles mongols

Console mongole
Coffre mongole
Buffet mongole
Meuble mongole

Le Tibet

Le Tibet, que les Tibétains appellent « Bod », pays des pères, est une voie de passage stratégique, entre l’Inde, la Chine et la Mongolie.

Grandioses, mais inhospitaliers, les hauts plateaux ont, dès le début de notre ère, entretenu des liens conflictuels avec leur voisin chinois.

Des ressources minières importantes, mais difficiles à exploiter, un potentiel hydraulique faramineux, mais une économie encore à la traine en font un pays relativement pauvre.

Carte du Tibet
L'Himalaya

Géographie

Le Tibet est l’une des cinq régions autonomes de Chine. Il couvre une immense superficie de  1 222 000 km2, et compte environ 13 000 000 d’habitants, qui vivent entre 1 200 et 5 100 mètres d’altitude. Sa capitale Lhassa se situe au sud-est.

Situé au cœur de l’Asie, au nord de l’Himalaya, le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète « le toit du monde » avec une altitude moyenne de 4 900 m. Son climat, sec et froid au nord, s’adoucit dans les vallées orientales, ainsi qu’au sud. Certains de ses sommets culminent à plus de 8000 mètres, le plus célèbre étant le Mont Everest, à La frontière du Tibet et du Népal.

Une histoire à deux versions. Quelques faits marquants

L’histoire du Tibet est celle d’un peuple, qui, très tôt converti au bouddhisme a privilégié la quête de spiritualité aux enjeux politiques.

Il y avait, dit-on, autant de lamas que de vallées…

Maladresses ou négligences, les autorités religieuses, ont, à certains moments de l’histoire fait fi de la géopolitique, mettant au second plan la préservation de leur souveraineté territoriale, ce qui a abouti à une situation inextricable.

Statue de Songtsen Gampo

IXe siècle. Premier désaccord

Le Tibet est à l’apogée de sa puissance militaire. Des guerres féroces l’opposent à son le voisin Ouighour, allié à la Chine et compromettent son unité.
Aussi le roi Trisug Detsen signe-t-il en 823, un traité de paix, qui a pour but de délimiter les frontières respectives, et de proclamer le respect de l’intégrité territoriale de chacun.

Ce traité différemment interprété par la Chine et le Tibet, marque le début d’un désaccord.

XIIIe siècle. Une allégence controversée

Suite aux assauts répétés des Mongols, les Tibétains tout à leur développement spirituel, incapables de se défendre, décident de faire allégeance.
En 1271, Qubilai Khan, prince Mongol, descendant de Gengis Khan, fonde en Chine la dynastie Yuan - de ce fait, le Tibet passe sous administration chinoise.

Ceci est contesté par les historiens tibétains, qui arguent de la souveraineté du Tibet. Selon eux, la Chine et le Tibet, lors de cet accord étaient deux entités distinctes, au sein de l’empire mongol. Qubilai Khan s’étant par ailleurs converti au bouddhisme, il s’agissait d’un rapport « Chöyön » consenti entre chefs spirituels tibétains, et chefs guerriers politiques mongols.

Qubilai Khan

XVIe siècle. Le Tibet passe sous protectorat Mandchou

La dynastie Ming qui s’est imposée en Chine, est défaite, et les Mongols repoussés au Nord.
Le Tibet passe brièvement sous protectorat mandchou, mais il semble qu’il ait conservé son autonomie et sa législation, ce que la Chine conteste. Elle considère ce protectorat comme preuve de sa souveraineté sur le Tibet.

Quand la dynastie mandchoue se désintègre, le Tibet « libéré »ne prend pas conscience de la nouvelle menace que peuvent représenter les puissances coloniales.

Début du XIXe siècle. La menace britannique

Les Britanniques présents en Inde considèrent le Tibet, comme un débouché commercial intéressant, en même temps qu’une voie d’accès vers la Chine.
Après plusieurs tentatives de rapprochement infructueuses, avec Lhassa, les Anglais signent avec la Chine, un accord, les autorisant à installer cinq comptoirs commerciaux en Chine, et obtiennent des laisser-passer pour entrer au Tibet.

En signant cet accord, les Anglais sont les premiers, à avaliser une autorité de la Chine sur le Tibet.

Invasion britannique

Début du XXe siècle. La convention de Lhassa

Le Tibet est convoité par l’Angleterre, la Russie et la Chine.
L’Angleterre a obtenu de la Chine l’autorisation d’installer un comptoir au Tibet, mais craint de se faire supplanter par les russes. Prenant les devants les troupes britanniques pénètrent à Lhassa le 03 aout 1904. Le Dalaï Lama s’enfuit en Mongolie.

Acculé, le Tibet est contraint de signer la convention de Lhassa. Cette convention est dénoncée par la Chine, qui déclare que les Britanniques lui volent sa souveraineté.

Les troupes chinoises envahissent le Tibet oriental, mais n’ont pas le temps de s’installer parce que la dynastie Qing s’écroule.

Le Dalaï Lama de retour, renvoie les étrangers, rompt tous liens avec la Chine, et proclame l’indépendance du Tibet, mais omet de faire reconnaitre cette indépendance par des pays tiers.

Histoire récente

1914. Conférence de Simla. Les Britanniques proposent que les régions de population tibétaine soient placées sous la « suzeraineté » de la Chine et non plus sous sa « souveraineté ». 

1949. Les dirigeants tibétains essaient de faire reconnaître par l'ONU l'indépendance de leur pays mais ne reçoivent aucun appui.

1950. L’armée populaire de libération pénètre dans la région tibétaine orientale et rencontre peu de résistance de la part d'une armé tibétaine faible et mal équipée.

1951. Des représentants du Dalaï-lama signent à Pékin -sous la menace d'une poursuite de l'avancée de l'armée populaire de libération- un accord en 17 points, sur la libération pacifique du Tibet.

Mission britannique à Lhasa

1956. Exil du dalaï-lama

Suite à la collectivisation qui prive de leurs terres les grands monastères mais aussi des milliers de paysans, une révolte armée éclate à Litang, contre l'administration chinoise. Cette révolte armée sera sévèrement réprimée par le gouvernement chinois. Le nombre de victimes tibétaines est généralement estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Le dalaï-lama fuit alors le Tibet pour se réfugier en Inde, suivi par environ 100 000 Tibétains.

Revendications, troubles, rebellions, arrestations, exécutions, voire immolations sont une interminable et triste litanie, qui exacerbe chez certains -les exilés notamment- un nationalisme désespéré.

La révolution culturelle du Tibet

Economie

La première ressource naturelle du Tibet est l’eau. De nombreux fleuves y prennent leur source -Yangzi, fleuve jaune, Mékong, Indus, Brahmapoutre, Salween, Irrawaddy, Sutlej - ainsi que deux affluents du Gange, le Gandaki et le Ghaghara.

Le potentiel hydraulique et hydro-électrique est énorme, qui fait du Tibet une sorte de château d’eau de l’Asie. Cette ressource précieuse pourrait être convoité par la Chine et l’Inde.

Dzo tibétain
Caravane Tibet

Le Tibet possède également des ressources minières, qui ne sont pas toutes exploitables, et dans tous les cas mal exploitées – bauxite, étain, arsenic, charbon, jade, saphir, quartz, chrome, cuivre, borax, uranium, lithium, fer, or, argent, plomb, zinc, cobalt – ainsi que des gisements de pétrole et de gaz.

En raison d'un manque de terres arables, l’élevage du bétail est l’activité traditionnelle, la plus importante au Tibet.

Population

La population tibétaine totale est d'environ 8,5 millions.

6,3 millions de tibétains vivent en République populaire de Chine et constituent l'un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus, tandis que 2,7 millions vivent dans la région autonome -ce qui représente 91% de la population.

On dénombre également environ 2 millions de tibétains qui vivent en Inde, au Népal, au Bhoutan et au Pakistan, ainsi qu'une population d'environ 150 000 à 200 000 réfugiés, vivant principalement dans les pays limitrophes -Inde, Népal, Bhoutan- ainsi qu'en Europe et en Amérique du Nord.

La plupart des tibétains pratiquent le bouddhisme tibétain.

Tibétaines

Religion

Le Tibet a adopté le bouddhisme tantrique.

Les quatre grandes écoles tibétaines sont celle des Bonnets rouges « Nyingmapa », « Kagyüpa », « Sakyapa », et celle des bonnets jaunes « Gelugpa », à laquelle appartient le Dalaï Lama.


Le Dalaï Lama est l’autorité religieuse qui représente l’ensemble des bouddhistes tibétains, il était également le chef politique traditionnel de la théocratie. Depuis 1959, il préside le gouvernement en exil.

Bouddhiste tibétain
Religion

Une autre religion, prébouddhique et chamanique, le bön, a longtemps été combattue, puis s’est plus ou moins agrégée au bouddhisme tibétain, qu’elle a également inflencé, l’école Nyingmapa, en particulier.

L’intervention de la Chine dans les affaires tibétaines, a profondément modifié les conditions de la pratique religieuse. Les autorités chinoises entendent ne laisser à la religion, qu’une place supplétive dans la vie politique et sociale.

Cependant, le bouddhisme influence profondément la culture tibétaine.

Langue

Les langues officielles sont le tibétain et le chinois.
Le tibétain qui se subdivise en un grand nombre de dialectes, appartient à la famille des langues tibéto-birmanes.

Le tibétain, noté au moyen d'un alphasyllabaire, qui, selon la tradition, aurait été créé au VIIe siècle par un ministre du roi Songsten Gampo à partir du brahmi, est une langue parlée par plusieurs millions de personnes – région autonome du Tibet, Qinhai, Gansu, Sichuan, Yunan, Ladakh, Bhoutan, Nord du Népal .

Langue classique du bouddhisme de la Haute-Asie, le tibétain véhicule depuis le VIIIe siècle une riche littérature.

Langage tibétain

A voir. A découvrir

Le palais du Potala
Le palais du Potala

Situé au nord-ouest de Lhassa.

Le temple de Jokhang
Le temple de Jokhang

Construit au VIIème siècle et situé en plein cœur de Lhassa.

Le lac Namtso
Le Lac Namtso

Situé entre le district de Damxung et celui de Baingoin.

Le lac Tamrock
Le lac Yamrock

Situé dans le district de Nagarzê, c’est un des trois lacs sacrés du Tibet.

Le canyon du yarlung Tsangpo
Le grand canyon du yarlung Tsangpo

Situé dans le district de Nagarzê, c’est un des trois lacs sacrés du Tibet.

La Mongolie intérieure

La Mongolie intérieure est l'une des cinq régions autonomes de la République populaire chinoise. Située au nord de la Chine, cette longue bande de plus d’un million de km2, soit plus ou moins, deux fois la France compte 25 000 000 d’habitants seulement. Sa capitale est Hothot.

La Mongolie intérieure
Genghis Khan

Histoire

L’histoire de la Mongolie reste dominée par la stature mythique de Genghis Khan, qui a la tête de hordes de tribus nomades réunifiées sous sa bannière, se fraya un chemin de sang et de fureur, de l’océan pacifique jusqu’au cœur de l’Europe, pour conquérir au XIIIe siècle, le plus vaste empire que la terre ait jamais connu. Il est à noter que les steppes mongoles sont également le berceau des Huns et leur chef Attila, qui sema la terreur dans la chrétienté.

L’âge d’or

Selon les textes connus, la Mongolie est au VIIIe siècle gouvernée par les Ouïgours, un peuple turc.

Au XIIIe siècle Gengis Khan, conquérant légendaire, parvient à construire et unifier un vaste empire, qui à la mort de son petit-fils Qubilai Khan - fondateur de la dynastie Yuan- s'étend de l’actuelle Pékin jusqu'à Moscou.
La Mongolie est à son apogée et s’y maintiendra encore un peu plus deux siècles malgré une guerre fratricide entre les héritiers de Gengis Khān, et les factions Mongols soumises aux Ming.

Carte de l'empire Mongol

Trois siècles sous domination mandchoue

Au tout début du XVIIe siècle, les Mandchous, une ethnie du nord-est de la Chine, rallient les Mongols pour supplanter la dynastie Ming, et s'imposent à leur tour, en fondant la dynastie Qing (1644-1911).
Devenus puissants, ils pratiquent une politique d’assimilation forcée des tribus de l’actuelle Mongolie intérieure.

Confrontés à des difficultés -agressions étrangères, guerre de l’opium, avancées russes, révoltes paysannes- les Qing offrent terres septentrionales aux paysans. S’ensuit une colonisation à deux vitesses, qui défavorise les populations mongoles et avantage les chinois.

Bataille

La Mongolie intérieure devient « autonome »

Tandis qu’en 1912, la Mongolie extérieure, soutenue par la Russie acquiert son indépendance, les tribus méridionales restent attachées à l’état chinois.

En 1937 afin d’éviter une implication dans la guerre sino-japonaise, elles déclarent leur indépendance et deviennent une sorte de colonie japonaise, même si le 4 août 1941, afin de canaliser le nationalisme mongol et soutenir les ambitions japonaises, elles sont nommées « Fédération autonome de Mongolie ».

La Mongolie devient région autonome chinoise

En mai 1947, les provinces sinisées se rallient aux communistes chinois et deviennent, région autonome de Mongolie intérieure. Les Mongols acquièrent l'assurance qu'ils resteront maîtres de leurs décisions et conserveront leur langue.

Mais en 1949, la monarchie constitutionnelle établie par les Mongols est supprimée par l'armée populaire de libération. Les temples et les monastères bouddhistes sont fermés, les grands propriétaires expropriés ou réquisitionnés.

Les méthodes et l'organisation du style de vie traditionnel des Mongols peinent à conserver un semblant d’existence.

Mongolie

Géographie

Le climat est continental. Les hivers sont longs avec de longs et froids avec des températures variant de moins 10 °C à moins 20°C, moins 30 °C que dans l'extrême nord-est.

La plus grande partie de la Mongolie-Intérieure se compose de zones désertiques, de hauts plateaux ainsi que des chaines du Yin shan au centre et du Henan à l'ouest du fleuve jaune.

Désert de Gobi

Economie

Quelques cultures céréalières dans les vallées, l’élevage de chèvres, moutons, bovins, chevaux, yaks, rennes et chameaux mais également sylviculture, chasse constituent l’essentiel de l’économie traditionnelle.

La Mongolie-Intérieure possède de grandes ressources naturelles, assez peu mises en valeur, la plus grande mine de terres rares du monde, d’importantes ressources minières de niobium naturel, de zirconium et de bérylliums ainsi que d’importantes mines de charbon.
L’industrie se développe autour du charbon, des énergies hydrauliques, chimiques, métallurgiques et également de la laine de cachemire.

Chèvres du Cachemire

Langue

Les Chinois Han représentent 80% de la population, ce qui n’était pas le cas, il y a une trentaine d’années, parlent de nombreux dialectes dont le Jin, et habitent plutôt les villes.
Les mongols s’expriment dans les langues Buryats, Oirats, Chahar, Bairin, ou Ordos, qui sont à rapprocher des langues turques.
D’autres groupes ethniques sont constitués par les Daur, Evenks, Hui, Manchous et Coréens.

La loi impose que les panneaux de signalisation, les enseignes et les documents administratifs soient bilingues.

Les jeunes mongols parlent chinois, et le mongol commence à perdre de l'importance dans les zones urbaines, ce qui n’est pas le cas dans les zones rurales.

Enfants mongol

A voir. A découvrir

Le désert de Gobi
Le désert de Gobi
Chevaux dans la prairie de Bashang
Les prairies de Bashang

A proximité de Pekin

Mausolée de Genghis Khan
Le mausolée de Genghis Khan

Ordos

Hohhot, capitale de la Mongolie intérieure
Hohhot

La capitale

Temple de Dazhao
Le temple Dazhao

Construit en 1580

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